Les indices verbaux

Bonjour à tous et à toutes,

En langage non verbal, nous parlons, avec raison, de la gestuelle pour laquelle nous ferons un article plus détaillé, mais, que ce soit les micro-expressions qui proviennent d’une émotion ressentie que la personne tente de masquer, les expressions faciales que l’on peut détecter ou encore les gestes signifiant l’inconfort, le confort, on oublie parfois qu’à eux seuls ils ne peuvent permettre d’établir la congruence d’une personne (voir article https://www.cmprofiling.ch/article-ecrit-pour-von-rohr-associates-profiling-et-rh-pour-quoi-faire/ )

Pour ce faire, nous avons besoin de mettre en relation les indices visuels avec les indices audio.

Il y a plusieurs types d’indices audio. La tonalité de la voix par exemple est un signal très révélateur (de nombreuses recherches sont en cours portant sur son efficience en lecture et analyse comportementale). En effet, il est extrêmement difficile d’en contrôler le changement provoqué par une émotion. Le ton va devenir plus grave lors d’une émotion de tristesse et plus aiguë pour la peur par exemple.

Le nombre de pauses qu’une personne fait lors de son discours est également à observer. En cas d’augmentation de pauses dans le discours, cela pourrait signifier que la personne doit aller chercher une information qu’elle ne possède pas, ou alors qu’au vu du stress ressenti par les interférences relatives à la concurrence entre les canaux de communication, la personne ait besoin de faire des pauses pour calmer son système limbique. Bien évidemment, il faudra aller contrôler le sens de ce changement de rythme.

Il y a bien sûr le fameux lapsus révélateur. Non, ce n’est pas un signe de mensonge, mais bien un contenu latent du cerveau qui est « lâché » a un moment inopportun. Il est donc toujours intéressant d’aller voir ce qui l’a provoqué. On peut encore faire attention aux mots utilisés lors de la conversation. Est-ce un mot que la personne connaît ? Fait-il partie de sa Baseline (voir article précédent) ? Si un pronom change en cours de discours, cela devrait nous alerter. Une je qui deviens un on…

Il y a encore la manière dont on utilise les mots pour se distancier d’une situation qui nous créerait trop d’émotions. Par peur de les montrer, nous utilisons un langage qui nous en tient éloignés. Lors d’un interview, M. Constantin parle de sa maman. Sachant que l’émotion pourrait le gagner (ce qu’elle fera) il n’utilise jamais le mot « mère ou maman ». Non il dit « c’était une femme » ou « cette femme ».

Mais de manière plus élargie, nous pouvons, afin d’établir la congruence, identifier si la sentence évoquée est positive ou négative. Si une personne vous dit qu’elle est très heureuse de vous voir, mais qu’elle fronce les sourcils, ce qui n’est pas congruence puisque l’indice audio est positif et l’indice visuel est négatif, il est à nouveau utile d’aller vérifier ce qu’il se passe pour notre vis-à-vis.

La lecture et l’analyse comportementales sont un art à pratiquer, comme vous pouvez le constater, avec éthique et humilité.

 

Bien à vous,

Caroline Matteucci